Et si on tentait notre chance ? Premier concours photo (Planche Contact Deauville)
28 ocotbre
Ce week-end, avec Léo, nous avons participé à notre premier concours en tant que photographes professionnels et franchement, on a failli gagner…
On était sûr de notre choix, de notre sujet, très investi dans le maquillage et l’ambiance. On a même affronté la tempête Benjamin pour réaliser notre shooting mais ça n’a pas suffit. Avant de vous montrer notre sélection de photo, je voulais d’abord vous expliquer comment tout ça s’est déroulé.
Planche Contact est un festival de photo très connu que l’on apprécie beaucoup. En revanche, nous ne connaissions pas très bien le concours photo de la « 25e Heure – Longines » qui fait parti des animations. Avec un jury reconnu et des prix incroyables pour les lauréats, notamment un voyage à New-York pour 2, notre rêve ! On est tombés sur le concours via un post Instagram, et on a décidé de tenter notre chance.
Le principe : chaque participant a 1 heure maximum, entre 00h et 1h du matin, pour réaliser une photo dans Deauville afin de symboliser le passage à l’heure d’hiver. C’est un thème assez global sans beaucoup de précisions qui permet de nombreuses interprétations. Mais les contraintes temporelles et spatiales, puisqu’il est difficile de trop s’éloigner de Deauville en si peu de temps, sont très intéressantes et nous demandent d’être organisés, précis, et sûrs de nos envies.
Nous avons essayé de ne pas nous laisser influencer ni par le thème principal du Festival, ni par les personnalités qui composaient le jury. Nous voulions surtout trouver ce que cette heure « disparue » pouvait représenter pour nous : un temps suspendu, un espace intime où tout devient possible. Alors nous n’avons pas fait de recherches sur l’organisation du festival ni sur les photographes participants
De mon côté, j’ai trouvé mon idée quelques jours auparavant. Je voulais photographier un homme maquillé de paillettes, de strass ou d’étoiles, qui s’autorise pendant cette fameuse heure, à être « lui-même. » Je n’ai pas vraiment d’adjectif pour décrire cet homme. Je voulais que cette personne soit un brin rêveuse, décalée et originale. Une figure illuminée, androgyne. Et qu’il se laisse vivre un instant solitaire et joyeux. Une sorte de plaisir coupable ? Je voulais que ce personnage crie son bonheur, sa libération. Que durant cette heure en plus, il s’autorise simplement à exister comme il l’entend.
Seul, sur cette plage déserte, dans le noir.
De son côté, Léo cherchait un résultat plus abstrait. Il avait envie de travailler en noir et blanc, chose qu’il fait peu souvent. Il avait aussi en tête quelque chose de contrasté, qui joue avec les ombres, la lumière, le foncé et le clair. Une composition construite autour de lignes souples et légères. Deviner, plus que voir, ce qu’il se passe sur cette plage. Ce qui est apparu au fur et à mesure de ses réflexions, c’est un corps clair sur une plage sombre. Une femme qui s’élance vers la mer sans regarder derrière elle. Peut-être un bain de minuit ? Peut-être pour disparaître ? Un instant éphémère capturé au dernier moment par un photographe.
Je sais que tu veux découvrir nos photos finales, mais encore un peu de patience, je te raconte comment s’est déroulé le shooting…
Le jour J, nous arrivons à 22h30 aux Franciscaines à Deauville pour finaliser notre inscription. Nous assistons à un concert de la DJ Corine. Le temps semble se figer. Alors, nous partons faire des repérages sur la plage. Premier constat : il fait extrêmement froid. Le vent souffle à plus de 40 km/h ce soir là. La pluie et l’écume nous fouettent le visage. Et dans moins d’une heure, nous devrons réaliser nos idées… et je ne t’ai pas dit, mais on sera presque nus…
Mais pas question de reculer maintenant. Il faut se lancer. À 23h45, je fixe les derniers strass sur le visage de Léo, éclairée par la lumière du téléphone dans la voiture. Puis direction l’océan. J’emporte un petit tabouret et notre matériel photo grimpe dessus. Minuit pile sonne. Le vent manque de me faire tomber. la mer se rapproche dangereusement. Le shooting commence.
Léo se place devant moi, enlève son tee-shirt, et incarne le personnage que j’avais imaginé. On déclenche quelques photos, puis on vérifie : le visage doit être plus expressif, mieux cadré. On doit deviner la plage sans qu’elle prenne le dessus. Je ralentis la vitesse pour obtenir un effet lumineux fugace. Comme un songe qui disparaît. Une dernière prise. C’est dans la boîte. Je suis satisfaite : il ne restera plus que quelques retouches pour faire scintiller les strass et réchauffer la lumière.
On a été assez efficace, 20 min pour cette première photo.
Vient ensuite le tour de Léo. Nous convenons du mouvement et de la trajectoire que je dois faire. Une course ralentie dans le noir total. Technique et ambitieux. Mais on tente quand même. Je me déshabille comme je peux alors que le froid m’immobilise au milieu de la plage. Mais l’euphorie m’insensibilise et me réchauffe les pieds. Je ne réfléchi pas, je cours. Les premiers essais sont trop figés, d’autres mal cadrés. Difficile quand on ne voit rien, ni le modèle, ni l’écran.
Mais après une dizaine de minutes, on trouve l’ambiance qu’on cherche. Léo arrive à shooter une belle série et on tient la bonne.
Mon supplice est terminé. Je me jette sur mon sac, et là surprise, mes vêtements ont disparu, envolés avec le vent ! Léo part en courant les récupérer tandis que je grelotte et me couvre d’une serviette. Il revient héroïquement avec mon manteau. Mais la chemise avait aussi disparue. Il repart dans l’autre sens. Après avoir retrouvé toutes mes affaires, on court se réfugier dans la voiture. On rit de soulagement tout en s’essuyant nos pieds ensablés.
Il nous reste 15min avant la fin du délais imparti. Vite on retouche les photos. Un beau noir et blanc pour Léo et plus de chaleur et de contraste pour la mienne.
1h sonne. C’est fini. On est arrivé à temps dans le cloître des Franciscaines. Il est temps de rendre l’unique cliché. Nous faisons la queue, échangeons avec d’autres participants venus parfois de loin. Une fois nos photos remises, le soulagement. Il n’y a plus qu’à attendre. On se rend compte qu’il est 2h du matin, on n’a pas mangé. La fatigue nous assomme, mais nous devons rentrer.
Pendant la nuit, tous les clichés sont imprimés par l’entreprise Initial Labo, et franchement c’est impressionnant comme travail. Le lendemain matin, le jury les examine en une heure. À 12h, nous revenons pour l’annonce des résultats. L’attente est interminable. Mon cœur s’emballe, cogne si fort que j’ai l’impression qu’il veut s’échapper.
Rima Abdul Malak, ancienne ministre de la Culture, exprime son étonnement face aux 230 photographies proposées. Beaucoup évoquent l’intimité, le thème du Festival. Nous pensions être les seuls à oser le nu… visiblement, non.
Les résultats tombent. Pas de troisième place, pas de deuxième, pas de première. Ni voyage à New York, ni montre de luxe.
La surprise, puis la déception et même un peu de frustration. Mais… c’est le jeu.
Si tu es curieux, tu peux découvrir les 3 gagnants de l’édition 2025 dans cette vidéo de Ouest France.
Un grand bravo à tous les participants et participantes. On a vu des photos superbes qui auraient mérités un prix également.
Sur le chemin du retour, on repense à tout ça et on éclate de rire. L’expérience était insolite, intense, folle. Et on réalise que ce genre de défi nous stimule profondément. On est fiers de nos photos pour une première participation à un concours photos.
Une certitude naît : on recommencera.
Maintenant tu peux enfin découvrir le résultat de ce concours juste ici.
N’hésite pas à nous dire ce que tu en penses en laissant un commentaire, ça nous ferrait super plaisir de te lire !
À la semaine prochaine,
XXX
Adèle
Pour en savoir plus suivez-nous sur instagram et LinkedIn
Très belles photos, d une grande sensibilité.